Le culte du chef

--

Date: 15 septembre 2015
Auteur: Daniel Nadeau

La présente campagne électorale n’en a que pour les chefs des principales formations politiques en présence. Depuis les dernières campagnes électorales, tant fédérales que provinciales, c’est une tendance lourde qui tend à s’imposer de plus en plus. À degrés divers, les partis politiques jouent leur va-tout sur la personnalité et le caractère de leur leader. Les candidats locaux ou les équipes de candidats ministrables sont de plus en plus dans l’ombre.
La campagne électorale actuelle au Canada ne fait pas exception. Jamais nous n’avons vu le premier ministre et chef du gouvernement sortant Stephen Harper aussi seul. Que ce soit dans les activités de presse ou dans les pubs, exception faite des publicités négatives, on ne voit que lui avec des militants ou des représentants de la population comme toile de fond.

Source: National Post

Source: National Post

Ce qui est vrai pour le chef du parti conservateur est aussi vrai pour le chef de l’opposition et leader du NPD, Thomas Mulcair. Tom Mulcair est aussi la principale vedette de sa propre campagne et on le voit seul sans son équipe. On se demande où sont les membres de son équipe comme Alexandre Boulerice et les autres.
La situation est légèrement différente chez les libéraux de Justin Trudeau. De nouvelles publicités mettent en vedette les membres de son équipe de candidats dont on fait état des compétences. D’autre part, l’équipe de Justin Trudeau a choisi de mettre en vedette d’anciens chefs qui ont été premiers ministres comme Paul Martin et Jean Chrétien. Outre l’idée que le parti libéral de Justin Trudeau est une équipe, on joue aussi sur le registre de l’unité retrouvée au PLC.
Au Bloc, la pauvreté de l’équipe de députés, seulement deux restants à la dissolution du parlement, et la faiblesse de l’équipe font que Gilles Duceppe est le grand timonier de la campagne. On cherche à bâtir la stratégie autour de ses compétences et de son charisme.
Plus que jamais, les campagnes électorales sont des luttes de personnalités et d’idées autour des chefs. Les candidats tant ceux qui peuvent prétendre à un ministère que les autres, les candidats locaux, sont largement ignorés par les partis et par les médias à moins qu’ils prêtent à un scandale ou à un incident qui vient rompre le ronron des machines électorales bien huilées. À l’ère des médias sociaux et de la « fausse authenticité », il n’est pas étonnant que nous ne le voyions plus et que l’on n’en entende pas parler…

Les commentaires sont fermés.