La presse écrite et l’avenir du journal Le Devoir

--

Date: 10 février 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Il ne se passe plus un jour sans que l’actualité nous rappelle la fin de l’imprimé. Nos bonnes vieilles habitudes de lire notre journal sur du papier seraient vouées à l’extinction. L’argumentaire des oracles de la fin de l’imprimé s’appuie sur la baisse des ventes publicitaires des journaux imprimés et des revues, sur la désaffection des publics plus jeunes pour les médias imprimés, sur la disparition de plusieurs quotidiens en Amérique du Nord et sur la transformation de La Presse en une plate-forme originale La Presse+.

Nonobstant cette réalité, il y a encore des groupes de presse qui continuent de manifester leur adhésion au journal imprimé. Parmi ceux-là, il y a bien sur le groupe Quebecor, mais il y a aussi le quotidien Le Devoir. Incidemment, ce dernier vient de se donner un nouveau directeur en la personne de Bryan Miles. Après plus de quarante ans de collaboration au journal Le Devoir, Bernard Descoteaux a tiré sa révérence samedi dernier.le devoir

Le journal Le Devoir est l’une des meilleures références de fiabilité et de justesse au Québec et au Canada. Lorsque des événements sont relatés dans ce journal, ils sont réputés vrais et authentiques. Au journal Le Devoir, l’espace est restreint. Les choix éditoriaux sont serrés. On s’intéresse beaucoup à la politique québécoise et canadienne sans pour autant négliger la politique internationale. Au journal Le Devoir comme ailleurs, nous avons droit à une panoplie de chroniqueurs et à une couverture de l’actualité culturelle comme nulle part ailleurs. Le journal Le Devoir est une exception dans le monde d’aujourd’hui. On y retrouve moins les effets de la spectacularisation des médias, thème que j’ai souvent abordé dans mes billets sur ce blogue. On donne moins aussi dans les faits divers. Le Devoir est un journal attachant et qui rejoint un lectorat peu nombreux, mais convaincu.

C’est pourquoi il nous faudra être attentifs aux premiers pas du nouveau directeur de ce journal Brian Myles. D’énormes défis se posent à lui comme à tous les journaux imprimés. Il devra faire preuve d’innovation, de rigueur administrative et d’audace, mais sans pour autant changer l’identité de ce journal. Une identité forte où les lecteurs n’hésitent pas à secourir leur journal dans le cadre de campagne de financement pour sauver la mise. Le Devoir est voué à un grand avenir grâce à un public lecteur de qualité et dédié. S’il y a un journal imprimé qui pourra faire mentir les oracles catastrophés de la fin de l’imprimé, c’est bien le journal Le Devoir. Bonne route monsieur Myles et fructueux succès dans vos nouvelles fonctions.

Les commentaires sont fermés.