Les médias écrits réclament officiellement l’aide du gouvernement du Québec

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Date: 30 septembre 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Vous avez peut-être lu un article sur le sujet ou encore vu les pages d’annonces dans la plupart des médias écrits du Québec, l’industrie des journaux a officiellement demandé un programme d’aide pour poursuivre son virage numérique.

J’ai souvent écrit des billets sur un aspect ou l’autre de cette crise de l’industrie des journaux quotidiens et hebdomadaires. coalition-journauxCeux-ci ont vu leur modèle d’affaires remis en question par l’arrivée des médias sociaux. Il y a eu un exode des revenus publicitaires vers ces nouveaux médias qui sont, la plupart du temps, détenus par des géants américains.

C’est ce qui a amené les journaux du Groupe Capitales Médias (dont fait partie notre quotidien La Tribune) Le Devoir, Hebdos Québec et Transcontinental (TC) à former la Coalition pour la pérennité de la presse d’information au Québec. Les 146 journaux de ces joueurs majeurs rejoignent chaque semaine près de six millions de Québécois, soit près de 80 % de la population.

La Coalition pour la pérennité de la presse d’information au Québec formule cinq demandes qui sont les suivantes :coalition

  1. Programme et/ou crédit d’impôt remboursable couvrant 40 % des coûts de production de l’information (salaire des journalistes, masse salariale liée à la mise en page du journal et frais de reportage);
  2. Programme et/ou crédit d’impôt remboursable couvrant 50 % des investissements numériques, à savoir l’acquisition et l’entretien de logiciels spécialisés, la création d’applications et la formation des usagers;
  3. Exemption de la contribution payable en argent en vertu de la Loi 88 qui oblige les journaux à participer au financement des coûts nets des services de collecte sélective municipale, une facture qui a augmenté de 1075 %iv depuis 2006;
  4. Abolition des taxes de vente pour les journaux vendus (TPS et TVQ);
  5. Augmentation significative du budget gouvernemental à l’égard des placements publicitaires dans les journaux québécois, qui ne reçoivent pas leur juste part des investissements publicitaires de l’État.

Le communiqué de presse émis sur CNW/Telbec par Hebdos Québec le 28 septembre dernier dit ceci : « Les membres de la Coalition demandent au gouvernement du Québec d’accorder “l’exception culturelle” à l’industrie de la presse d’information au Québec. Nos quotidiens et nos hebdos sont importants pour préserver la diversité des voix, enrichir le débat d’idées, et accompagner des communautés de lecteurs dans leur quotidien », affirme Brian Myles, porte-parole de la Coalition et directeur du journal Le Devoir.

« L’industrie vit une profonde remise en question de son modèle d’affaires. Il ne s’agit pas d’un problème de qualité de l’information dans nos journaux. Au cours des dernières années, nos médias ont tous connu une hausse de leur lectorat global, en raison de la multiplication des plateformes », affirme Claude Gagnon, co-porte-parole de la Coalition et président-directeur général de Groupe Capitales Médias.

Sur le fond des choses, on ne peut pas reconnaître la grave crise que traverse les médias membres de cette Coalition, mais si jamais le gouvernement leur consenti l’aide demandée, il faudrait en retour s’assurer de retombées pour la population québécoise non seulement en matière de qualité des contenus, mais aussi en remboursement des sommes avancées si jamais les modèles d’affaires qui se construiront sont rentables.

D’autre part, il faudrait aussi élargir le programme d’aide à d’autres médias de notre région qui ont une vocation similaire. Je pense notamment à un média comme EstriePlus où je collabore chaque semaine. Que faire aussi avec les radios indépendantes de notre région des grands réseaux de Bell et Cogeco et avec notre radio communautaire CFLX-FM, ces médias aussi mériteraient d’être inclus dans la réflexion et les débats qui pourraient mener nos gouvernants à accepter l’exception culturelle que constitue la presse écrite d’information au Québec et à dire oui à une forme d’aide financière.

En attendant, reconnaissons cependant que La Tribune, notre quotidien régional, joue un rôle indispensable en matière d’information régionale et que bien des médias y compris ce modeste blogue s’en inspire régulièrement pour produire des contenus. Cette reconnaissance devrait se traduire par une aide financière dans ces temps troubles pour la presse écrite au Québec.

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