Le jour de la marmotte au ministère des Transports

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Date: 15 juin 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Plus ça change, plus c’est pareil. Cet adage décrit magnifiquement la situation qui prévaut au ministère des Transports du gouvernement du Québec. Non seulement le gouvernement ne réussit pas à s’entendre avec ses ingénieurs et a décidé hier de déposer une offre globale et finale sans possibilité de continuer de négocier sauf à la marge aux dires du ministre Pierre Moreau, mais la vérificatrice générale a une fois de plus décrié les processus de gestion des contrats au ministère des Transports. C’est comme l’a dit un député de l’opposition, le jour de la marmotte.

C’est incroyable qu’en 2017, après les audiences et le rapport de la Commission Charbonneau, après de multiples dénonciations et un nombre effarant d’allégations plus ou moins fondées, que la situation problématique amplement documentée perdure. Qu’attend le premier ministre Couillard pour agir dans ce dossier? Pourquoi ne nomme-t-il pas un nouveau ministre qui aurait l’autorité morale nécessaire pour remettre ce ministère, le plus important donneur de contrats de tout le gouvernement, sur les rails? Pour connaître personnellement le sous-ministre en titre, Marc Lacroix, avec lequel j’ai jadis travaillé, je suis sûr que si un ministre fort et déterminé prend les rênes du ministère, on pourra procéder au redressement nécessaire. Pourquoi alors le premier ministre Couillard ne pose-t-il pas des gestes en ce sens? Qu’a à gagner le gouvernement libéral de laisser perdurer une situation intenable dans un ministère aussi important? Comment le gouvernement peut-il continuer à laisser pourrir une situation que nous savons invivable? Pourquoi refuser à ses ingénieurs des conditions de travail permettant de s’assurer d’une expertise au ministère des Transports du Québec? Qu’attend monsieur Couillard pour agir?

C’est quand même incroyable du point de vue de la gestion de l’image politique du gouvernement. Nous savons que s’il y a eu un jour des retours d’ascenseur au parti libéral du Québec pour des faveurs obtenues, c’est vraisemblablement au MTQ que cela se serait produit. Nous savons aussi que l’on n’a toujours pas réglé la question des appels d’offres. Nous savons aussi que les extras continuent d’être un problème dans le coût de nos travaux en matière d’infrastructures routières. Nous savons enfin que nous n’avons pas l’expertise nécessaire au ministère des Transports pour encadrer les firmes privées et que plus de 90 % des travaux de surveillance sont encore sous la responsabilité de firmes privées. Pourquoi choisir l’inaction?

Le dernier rapport du vérificateur général et l’état actuel des négociations avec les ingénieurs du gouvernement sont des illustrations de l’inaction du gouvernement. Et ici, je ne rappelle même pas le scandale de l’autoroute de cet hiver. Comme le gouvernement ne veut pas agir ou est incapable d’agir, il faudra donc songer à le remplacer si nous voulons cesser de vivre le jour de la marmotte…

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