Les migrants, perception publique et retournement de situation

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Date: 30 août 2017
Auteur: Daniel Nadeau

La crise des migrants haïtiens à nos frontières a fait couler beaucoup d’encre et a donné lieu à de nombreux excès de langage et à des erreurs de perspective qui sont venus polluer l’espace public et créer une opinion publique plutôt défavorable au Québec.

Entre les quolibets des uns et des autres, les accusations de racisme et de xénophobie dans l’arène politique, les médias d’information s’en sont donnés à cœur joie pour mettre à jour ces errances et ces égarements. Dans une chronique écrite dans le journal EstriePlus la semaine dernière, j’ai amplement discuté de cette question dans une chronique intitulée « L’aveuglement québécois » dans laquelle j’écrivais : « Certes, bien que l’on parle de milliers de personnes, le Québec et le Canada sont parfaitement capables de maîtriser la situation sur le plan des ressources disponibles pour accueillir ces gens. Ce qui vient compliquer la chose c’est la montée d’un discours à la limite de la xénophobie de certains groupes liés à l’extrême droite et les discours divisifs de la classe politique dans cette affaire. »

Sur le plan du discours politique, on doit se réjouir que le tir a été rectifié et que l’on soit revenu à de meilleures intentions si l’on fait exception à la déclaration ultra-partisane du chef du parti québécois, Jean-François Lisée, qui a affublé ces demandeurs d’asile du qualificatif, « les invités de Justin Trudeau ». Néanmoins, le discours des uns et des autres a pris des allures plus raisonnables et plus en harmonie avec la nature profonde du Québec.

Ce dont il a été moins discuté cependant dans toute cette affaire c’est le choix des lieux qui ont contribué puissamment à faire de cet enjeu un sujet qui prenait des allures de crise. Le choix du stade olympique de Montréal comme lieu d’hébergement de ces demandeurs d’asile ne fut pas la trouvaille du siècle. Non plus que cette idée de remettre des chèques au Palais des congrès. Heureusement, le gouvernement est revenu sur cette décision. En faisant marche arrière sur ce symbole, le gouvernement du Québec a enfin réussi par ce geste administratif à désamorcer cette « crise » plus efficacement qu’avec ses mots. C’est dire comment tout cela était une question de perceptions et les perceptions alimentent l’opinion publique et sont le pain et le beurre des médias qui cherchent à marquer le coup.

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