Jean-Marc Fournier tire sa révérence

--

Date: 9 mars 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Cette semaine, l’un des plus grands piliers du gouvernement libéral de Philippe Couillard, le député de Saint-Laurent, Jean-Marc Fournier a annoncé qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat des électeurs en vue du scrutin du 1er octobre prochain au Québec. C’est une nouvelle d’importance pour la scène politique québécoise. Non seulement monsieur Fournier était un « jouteur » redoutable à l’Assemblée nationale pour ses adversaires, mais il incarnait à lui seul la stabilité et la tradition dans le réseau entre le PLQ et son personnel politique à l’Assemblée nationale.

Jean-Marc Fournier est un pur produit du Parti libéral du Québec. Ayant fait ses classes dans les instances du parti, il a ensuite été mis à contribution dans les cabinets politiques avant de traverser la ligne pour devenir un visage du pouvoir libéral à l’Assemblée nationale du Québec. La carrière politique de Jean-Marc Fournier n’a pas été marquée par des gestes d’éclat dans les divers rôles de ministre qui se sont traduits par de grandes avancées pour la population québécoise, mais il a été, et l’est encore jusqu’aux prochaines élections, un leader du gouvernement redoutable.

Jean-Marc Fournier est un politicien comme il ne s’en fait plus. Fin stratège, maître du clip de quinze secondes formaté pour les besoins des médias, il a toujours été à la guerre pour défendre ses collèges, son parti et le gouvernement. Jean-Marc Fournier est un parlementaire redoutable pour ses adversaires. Son départ de l’avant-scène de la vie politique québécoise est une immense perte pour les libéraux.

Comme il l’a mentionné lui-même, Jean-Marc Fournier ne fuit pas. Il ne craint pas les sondages actuels et se dit même convaincu d’une victoire libérale aux prochaines élections. Qui plus est, il sera nous dit-il dans l’autobus du chef afin de seriner la bonne parole libérale dans les oreilles des journalistes qui couvriront la prochaine campagne électorale.

Néanmoins, le Parti libéral du Québec et le Québec perdent néanmoins un vigoureux porte-parole de la distinction québécoise et un ardent défenseur d’un fédéralisme canadien revu et corrigé. Monsieur Fournier faisait partie de la courte liste des nationalistes authentiques au Parti libéral du Québec. Un nationalisme fort différent de celui que l’on retrouve au Parti québécois et à la Coalition avenir Québec. Le nationalisme de Jean-Marc Fournier est issu de celui de Jean Lesage qui affirmait « Le Québec c’est ma patrie et le Canada est mon pays ». Un nationalisme dans lequel la population du Québec se reconnaît. Il faut reconnaître cependant que le contexte politique canadien des dernières décennies n’a pas été particulièrement propice à l’éclosion d’une pensée politique favorisant le renouvellement du fédéralisme canadien. Rappelez-vous le « fruit n’est pas mûr ».

Jean-Marc Fournier reste tout de même fidèle à lui-même et à ses convictions en terminant sa carrière politique en faisant la promotion au Canada du document préparé par son ministère sur la Politique d’affirmation du Québec intitulé « Québécois, notre façon d’être Canadiens ». Certes, les foules ne se pressent pas pour entendre ce discours, mais celui-ci demeure toujours nécessaire et essentiel tant que le Québec n’aura pas réintégré de son plein gré le giron canadien en signant la constitution canadienne. Jean-Marc Fournier ne sera plus là pour rappeler à nos voisins du Canada que les Québécoises et les Québécois forment une nation qui devrait être reconnue formellement au Canada. C’est triste pour nous tous!

Les commentaires sont fermés.