Philip Roth, un grand romancier qui quitte la scène

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Date: 24 mai 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Juif américain, enfant de Weequahic, le quartier juif de Newark dans le New Jersey, Philip Roth a été un grand romancier américain. Celles et ceux qui aiment la littérature auront aimé son côté kafkaïen, son ironie et son regard critique sur la société américaine et particulièrement sur la gauche américaine. Il a été porté aux nues avec son roman Pastorale américaine. Roth a été largement influencé par des réalistes comme Gustave Flaubert et Henry James. Sans oublier l’influence de Saul Bellow, un grand romancier juif américain.

Philip Roth est un écrivain gigantesque qui avec son cycle Zucherman a captivé les esprits. Philipe Roth a publié 31 romans dont Complot contre l’Amérique et La tache avant d’arrêter d’écrire. Son dernier roman s’intitulait Nemesis.

Il n’a jamais connu la joie de recevoir le prix Nobel de la littérature de son vivant, mais il aura eu le privilège de se voir publié dans la bibliothèque de la Pléiade. Ce qui reconnaît implicitement que son œuvre fait partie du trésor mondial de la littérature.

Hier, les agences de presse internationales rapportaient son décès. Voici ce qu’en disait l’agence France-Presse :

« Géant de la littérature américaine et mondiale, Philip Roth est mort mardi à l’âge de 85 ans, six ans après avoir arrêté l’écriture et sans jamais avoir obtenu le prix Nobel pour lequel il avait été si souvent cité.

Après un demi-siècle à imaginer des histoires qui l’ont rendu célèbre dans le monde entier, et deux ans après son dernier roman Nemesis, il avait annoncé en 2012 qu’il n’avait plus l’énergie de gérer la frustration qui accompagne la création littéraire.

Une décision qu’il justifiait encore ces dernières années : “Raconter des histoires, cette chose qui m’a été si précieuse durant toute mon existence, n’est plus au cœur de ma vie, expliquait-il au journal français Libération. C’est étrange. Jamais je n’aurais imaginé qu’une chose pareille puisse m’arriver.”

Régulièrement, l’écrivain aux multiples récompenses, dont le Pulitzer en 1998 pour Pastorale américaine, était donné favori pour le Nobel. Mais le prix lui a toujours échappé.

Grand ténébreux aux sourcils broussailleux, petit-fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est, Philip Roth a écrit, debout à son pupitre, près de 30 romans. Récits provocateurs des mœurs de la petite bourgeoisie juive américaine, satires politiques, réflexions sur le poids de l’histoire ou sur le vieillissement, ses œuvres sont presque toujours entre autobiographie et fiction.

Sa plume exigeante et sa lucidité implacable sur la société américaine ont fait de lui une figure majeure de la littérature d’après-guerre. »

Philip Roth a toujours joué à la fois dans la fiction et dans le réel avec une habileté sans pareil. On lui a d’ailleurs souvent fait un procès à ce sujet. Roth a répondu par son génie créateur en écrivant des romans pendant trois décennies. Un écrivain gigantesque.

Philip Roth aura marqué notre imaginaire et celles et ceux qui veulent s’en souvenir peuvent toujours aller relire Nemesis, son dernier roman. Ils y retrouveront un auteur irrévérencieux, à l’esprit critique qui n’a jamais craint d’user d’ironie pour se moquer des conventions ambiantes. Philip Roth fut un grand écrivain américain des 20e siècle et 21e siècle et son nom mérite d’être retenu parmi les grands de sa profession.

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