Theresa May livrée en pâture à une opinion publique divisée

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Date: 16 novembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

C’est le chaos au Royaume-Uni. Rien ne va plus. La crise du Brexit s’amplifie et Theresa May est livrée à elle-même devant un parlement en crise et à une opinion publique profondément divisée. Ébranlée par des démissions en série de son gouvernement, dont son ministre responsable du Brexit, la première ministre britannique Theresa May luttait pour sa survie hier. Le choix est simple pour les députés. Ils doivent soit soutenir son projet d’accord de divorce avec Bruxelles ou risquer une sortie sans accord, voire pas de Brexit du tout.

« “Le choix est clair : nous pouvons choisir de partir sans accord, risquer qu’il n’y ait pas de Brexit du tout ou choisir de nous unir et soutenir le meilleur accord que nous pouvions négocier, cet accord”, a dit Mme May, défendant dans une ambiance survoltée le texte de près de 600 pages que quatre membres de son gouvernement ont refusé d’endosser, choisissant de claquer la porte. »

Theresa May a connu une très mauvaise journée hier. « Sur le gril pendant trois heures, chahutée et critiquée par des députés de tous bords, elle a défendu bec et ongles le compromis, condamné d’avance par des parlementaires europhiles comme europhobes, sans arriver à éviter une demande d’un vote de défiance par les Brexiters les plus acharnés de son parti. »

C’est une situation intenable pour la première ministre May et le parlement divisé ne peut trouver de voie de passage. Cela risque fort de se terminer dans un autre référendum sur le Brexit pour sortir de la crise. Sans compter que ce débat surréaliste fait ressurgir dans la vie politique britannique ses vieux problèmes en Irlande et en Écosse.

Les Britanniques nous ont habitués à plus de retenue dans leurs débats politiques. Jadis, ils étaient les grands maîtres de l’atermoiement, des compromis étonnants dans des situations inextricables. Nous sommes loin du peuple de Churchill qui était à donner leurs vies pour sauver leur île contre les nazis. Le patriotisme anglais en prend pour son rhume et devant ce débat ce n’est pas la monarchie qui pourrait sortir le pays de cette crise à la fois identitaire et politique. À suivre…

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