La politique de la transparence

--

Date: 8 mars 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Désolé. Nous écrirons encore aujourd’hui sur l’affaire SNC-Lavalin. Hier, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau a rencontré la presse nationale pour donner sa version de l’histoire. Toute la journée d’hier, les commentateurs politiques se sont égosillés à dire quelle version de l’histoire était la plus crédible, trahissant bien souvent leurs appartenances politiques préférentielles. Nous ne voulons pas ajouter au spectacle du commentaire. Dans cette affaire qui mobilise tant nos énergies, nous devons en tirer des enseignements utiles pour l’avenir. C’est que ce que nous voulons mettre en lumière dans ce court billet.

Au-delà de la tragi-comédie de l’opposition et de la faiblesse du leadership du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, dans ce dossier, il importe de se poser des questions incontournables.

Pourquoi le Canada a-t-il senti le besoin de faire voter une Loi permettant à une entreprise accusée au criminel de demander un accord de réparation si sa procureure générale croyait que cette possibilité était contraire à sa conception de l’État de droit ? Pourquoi la procureure générale n’a-t-elle pas l’obligation d’expliquer sa décision de ne pas se prévaloir de cette Loi sur la place publique ? Pourquoi l’état de droit a-t-il préséance sur l’état de la vie réelle ? La procureure générale a mis moins de 12 jours pour décider que le gouvernement du Canada déclarait l’arrêt de mort d’une entreprise qui génère 9 000 emplois au Canada et qui a son siège social au Québec.

Ces questions demeurent aujourd’hui sans réponses. Il est étrange qu’à une époque où l’on favorise la transparence, on puisse se satisfaire de réponses comme c’est ma décision et je ne la changerai pas en fonction de ma conception du rôle du procureur de la justice du Canada. Les commentateurs du Canada anglais portent aux nues cette ancienne ministre comme l’égérie de la pureté de la compréhension de la société de droits, mais au fond ils passent sous silence son désir de vengeance et son égocentrisme au nom du fait qu’elle est une femme et une autochtone. Ça ressemble au Canada multiculturel et postnational de Justin Trudeau. Nous ne sommes pas d’avis qu’être autochtone ou femme ne donne pas une passe gratuite de crédibilité. Nous pouvons ne pas être racistes ni antiféministes et trouver que madame Jody Wilson-Raybould est une traîtresse à son parti, à son chef et au Canada.

Ce qui serait important pour l’avenir du Canada et de la société de droits dont tous nos compatriotes du Canada anglais sont follement amoureux c’est de faire en sorte qu’à l’avenir la procureure générale devrait justifier devant l’opinion publique l’utilisation ou non de l’une ou l’autre de ses prérogatives. Plus encore, la procureure générale devrait être à l’avenir une fonctionnaire nommée par le Parlement du Canada et cette personne devrait rendre des comptes devant l’opinion publique canadienne.

Les commentaires sont fermés.