Le gouvernement Legault à un an aujourd’hui

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Date: 1 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Le temps file. L’an dernier, un 1er octobre, les Québécoises et les Québécois étaient invités aux urnes pour se choisir un gouvernement. Ils ont fait un choix clair et retentissant. Ils ont mis fin à quatre longues années d’austérité libérale pour se donner un nouveau gouvernement en élisant 74 représentantes et représentants de la Coalition avenir Québec dirigé par François Legault. En obtenant 37,4 % des voix exprimées, François Legault a pu former un gouvernement majoritaire. Le Parti libéral du Québec a pour sa part obtenu 24,8 % des voix et forme ainsi l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois obtient 10 sièges avec 17,1 % et Québec solidaire, 10 sièges avec 16,1 %. Le taux de participation (66,45 %) est le deuxième plus bas résultat de l’histoire depuis 1927, soit les 91 dernières années.

Le gouvernement Legault a toujours la faveur de la population du Québec. Il vit une très longue lune de miel. Les derniers sondages parus en font une démonstration éloquente. Le succès du gouvernement caquiste tient d’abord à la personnalité et au style du premier ministre, François Legault. Il a un style direct et franc et avec lui pas trop de tataouinages. Il n’hésite jamais à corriger le tir comme l’a appris à leurs dépens son ex-ministre de l’Environnement, Marie-Chantale Chassée et sa ministre Nathalie Roy qui s’est vu retirer le dossier de la langue après une performance très moyenne.

François Legault est accompagné d’une solide équipe de députés et ses choix au Conseil des ministres semblent en règle générale judicieux. Pour un parti qui n’a jamais formé le gouvernement, François Legault peut être fier de son équipe. Il est vrai qu’il peut compter sur des compteurs étoiles comme le jeune ministre Simon Jolin-Barette et de la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbaut, bien que son étoile ait un peu pâli ces dernières semaines.

Le premier ministre Legault et son gouvernement ont choisi d’incarner le nationalisme et l’adoption de la loi sur la laïcité est un symbole fort qui est en quelque sorte un pacte avec le Québec des régions qui est inquiet devant l’immigration et la diversité. Ce n’est d’ailleurs pas typique au Québec. Dans la plupart des démocraties occidentales, on observe des comportements électoraux fort différents entre les régions urbaines et rurales. Les États-Unis d’Amérique en sont une illustration éloquente.

Quoi qu’il en soit, François Legault a le gouvernail de la nation québécoise bien en main. Il semble capable de bien négocier les virages nécessaires pour maintenir son lien avec la majorité de la population. Il a un seul talon d’Achille et c’est la lutte aux changements climatiques. Nous verrons bien comment il négociera cette question au cours de la prochaine année. Il est vrai qu’avec une opposition faible, François Legault peut savourer encore un moment sa place de roi de la montagne. Mais il ne devrait jamais oublier que tout ce qui monte redescend et que sa lune de miel avec le Québec risque un jour de prendre fin sans s’annoncer. C’est à ce moment que François Legault subira son vrai test de premier ministre. C’est dans l’adversité que l’on reconnaît les vrais…

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