Un monde s’achève, un autre naît…

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Date: 19 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Au tournant du siècle, le sociologue Manuel Castells a produit un véritable opus magnum sur notre époque. Il a publié en trois tomes un œuvre sur les changements technologiques en lien avec l’émergence d’une société en réseaux. Parus en 1998 et en 1999, ces ouvrages s’intitulaient : L’Ère de l’information. Vol. 1, La Société en réseaux, Paris, Fayard, 1998, L’Ère de l’information. Vol. 2, Le Pouvoir de l’identité, Paris, Fayard, 1999 et L’Ère de l’information. Vol. 3, Fin de millénaire, Paris, Fayard, 1999. Dans cette réflexion magistrale, Castells expliquait que sous l’effet d’une révolution technologique considérable — l’invention du microprocesseur et la diffusion de la micro-informatique —, le monde a profondément changé : l’économie, bien sûr, mais aussi les conditions de travail, le rapport au temps, à l’histoire, à soi et à l’autre. Et c’est une société entièrement nouvelle qui se met en place sous nos yeux : la société en réseaux.

Voici un résumé de l’auteur : « À la verticalité des hiérarchies succède l’horizontalité de la communication ; à l’autorité des pouvoirs en place, la légitimité de l’initiative et de la réussite ; à l’uniformité industrielle, la diversification des relations de travail ; à un univers d’États, le flux des marchandises et les signes d’un capitalisme triomphant. Est-il possible de donner un sens à ce qui nous apparaît aujourd’hui comme un épouvantable chaos ? »

Et bien nous y sommes aujourd’hui. Dans l’édition du journal Le Devoir de samedi, il y avait un intéressant article sur l’arrivée de Disney + dans le monde de l’industrie télévisuelle. Il y a d’ailleurs multiplication de ces réseaux d’écoute en différé, on compte déjà sur les Netflix, GEM, ToutTv, illico, Crave, Apple+ et j’en passe. Le monde de l’écoute télévisuelle se transforme à vitesse grand V. Nous sommes loin des deux chaînes des années 1960, Radio-Canada et Télé-Métropole. La multiplicité et la diversité de l’offre dans l’industrie de l’écoute télévisuelle ne sont pas sans conséquence pour une petite nation comme celle du Québec. Jusqu’à maintenant comme les Gaulois d’Astérix, nous résistions toujours à l’envahisseur, mais maintenant la nation est en péril. Le star-système québécois a longtemps joué le rôle d’un rempart contre le monde anglo-saxon. Aujourd’hui alors que l’attachement à la langue française s’étiole et que la jeunesse valorise plus que jamais la diversité, les perspectives d’avenir de la nation québécoise s’assombrissent.

L’arrivée de Disney + est un pas supplémentaire dans ces transformations que commande le nouvel univers de la société d’information. La question est comment allons-nous trouver des réponses à ces nouvelles questions. Les réponses appartiennent à celles et à ceux qui demain seront aux commandes dans notre société. À voir comment on gère les Uber et les Airbnb, on aurait raison d’avoir des inquiétudes. L’avenir est pourtant rempli de promesses. Reste à voir comment nous réussirons à en saisir les opportunités. L’avenir dure longtemps…

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